Lire (verbe, nom féminin)


1ère définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

I.
( je lis, nous lisons ; je lisais, nous lisions ; je lus ; je lirai ; je lirais ; lis, lisez ; que je lise ; que je lusse ; lisant ; lu ). XI e siècle. Issu du latin legere, de même sens.
1. Reconnaître, en les parcourant des yeux, les signes graphiques qui transcrivent une langue, les sons auxquels ils correspondent ou les combinaisons qu'ils forment, de manière à saisir leur sens. Apprendre à . Savoir et écrire. Cet enfant lit couramment. Lire les lettres de l'alphabet. Lire des hiéroglyphes, des idéogrammes. Lire un mot, une phrase, une inscription. Son écriture est difficile à , les signes en sont mal formés. Par méton. Lire une langue étrangère, pouvoir comprendre un texte rédigé dans cette langue. Il ne parle pas l'anglais, mais le lit avec assez de facilité.
2. Prononcer à haute voix ce qui est écrit ou imprimé. Le prêtre a lu l'évangile du jour. Il nous a lu la lettre qu'il a reçue. Lire un arrêt, une sentence. Absolt. Il lit bien, il lit mal.
3. Prendre connaissance d'un écrit ou d'un ensemble d'écrits. Lire une nouvelle dans le journal. Lire un traité de philosophie. Lire son bréviaire. Lire une œuvre étrangère dans le texte, sans avoir recours à la traduction. Un livre agréable à , facile à . Fam. Ce livre se laisse , on le lit sans fatigue, sans ennui. Expr. Lire entre les lignes, voir . Fam. Lire un texte en diagonale, voir . Absolt. Aimer . C'est un homme qui a beaucoup lu. Pron. passif. Cet essai se lit en une heure. Ce texte peut se de manière allégorique, se comprendre, s'interpréter de cette façon. Par méton. Lire les anciens. Lire Montaigne, Chateaubriand. On lit toujours cet auteur avec profit, avec intérêt.
4. Par ext. Identifier et interpréter les signes ou symboles d'un système de transcription, de notation autre que l'écriture. Lire le braille. Lire les notes de musique, la musique. Lire une partition, la suite des notes et des signes utilisés dans la notation musicale. Lire l'heure. Lire un panneau de signalisation. Lire une carte routière. Lire un graphique. Lire une radiographie. Les sourds lisent sur les lèvres de leurs interlocuteurs. Par méton. Lire un baromètre.
5. Fig. Pénétrer, discerner, grâce à différents signes, quelque chose d'obscur ou de caché. Lire dans la pensée, dans le cœur, dans les yeux de quelqu'un. Lire la jalousie sur un visage. Vous avez bien lu dans son jeu, vous avez deviné ses mobiles secrets. Pron. passif. La bonté se lisait sur ses traits. Spécialt. Lire l'avenir dans les astres. Lire dans les lignes de la main, dans le marc de café.
6. Par anal. En parlant d'une machine. Restituer ou reproduire des images, des sons, des données enregistrés sur un support. Cet appareil lit les bandes magnétiques. Lire une disquette.


2ème définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

II.
XVI e siècle. Emprunté de l'italien lira . Unité monétaire de l'Italie. Un billet de mille s. Le cours de la .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

("Je lis; nous lisons, etc. Je lus. Je lirai. Lis. Que je lise.") Suivre des yeux ce qui est écrit ou imprimé, avec la connaissance des sons que les lettres figurent; soit en ne proférant pas les mots, soit en les proférant à haute voix. "Apprendre à . Lire couramment. Il ne sait ni ni écrire. Il lit bien le grec, l'hébreu. Il s'est fatigué la vue à de vieux manuscrits. Une écriture difficile à ."
Il signifie quelquefois Comprendre ce qui est écrit ou imprimé dans une langue étrangère. "Il ne parle pas l'anglais, mais il le lit avec assez de facilité."
Par analogie, "Lire la musique," Parcourir des yeux une musique notée, avec la connaissance des sons que les notes figurent et des diverses modifications que ces sons doivent recevoir.
Il signifie aussi Prononcer à haute voix, avec l'intonation voulue, ce qui est écrit ou imprimé. "Il lit bien, il lit mal. Il lit distinctement. Il ne sait pas . Il nous a lu un long discours. Je vais vous mes vers. Ce prince avait l'habitude de se faire quelque bon livre pendant ses repas."
Il se dit encore en parlant des Lectures qu'on fait pour s'instruire, pour s'amuser, pour s'informer, etc. "Lire un volume de vers. Lire un roman. Lire un billet, une lettre. Lire la messe. Lire une dépêche chiffrée." Dans le premier sens, on l'emploie souvent absolument. "C'est un homme qui a beaucoup lu. Il passe son temps à ."
Fig., "C'est un ouvrage qu'on ne peut ," se dit d'un Ouvrage ennuyeux, ou mal écrit, ou surtout licencieux.
Fig. et fam., "Ce livre, cet ouvrage se laisse ," On le lit sans fatigue, sans ennui.
LIRE se dit encore en parlant de Quelque livre qu'un professeur explique ou fait expliquer à ses auditeurs et qu'il prend pour sujet des leçons qu'il leur donne. "Notre professeur nous lisait Homère."
Il signifie au figuré Pénétrer quelque chose d'obscur ou de caché. "Lire dans la pensée, dans le coeur, dans les yeux de quelqu'un. Je lis sur votre visage que vous êtes mécontent. Lire dans les astres, dans l'avenir."



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Connaître les lettres et savoir les assembler en mots. Cet enfant commence à des phrases. Une écriture malaisée à .
PELLISSON: « Suivant l'opinion commune, moins les yeux ont de la peine à un ouvrage, plus l'esprit a de liberté à en juger »
    Absolument. Cet enfant apprend à . Il ne sait ni ni écrire. Cet enfant lisait à quatre ans.
SACI: « On donnera le livre à un homme qui ne sait pas , et on lui dira : lisez, et il répondra : je ne sais pas »
A. DE MUSSET: « Son visage était triste et beau ; à la lueur de mon flambeau, Dans mon livre ouvert il vint »
    Par exagération. Ne pas savoir , être fort ignorant.
D'ALEMB.: « Nous recevons aujourd'hui [à l'Académie française] l'évêque de Limoges qui ne sait pas , et Batteux qui ne sait pas écrire, mais en revanche nous avons un directeur qui sait et écrire, qui s'en pique du moins »
    Lisez, se met dans les errata pour indiquer ce qu'il faut en place de ce qui est fautif.
VOLT.: « Cet homme faisait imprimer un petit code de persécution, intitulé : l'Accord de la religion et de l'humanité ; c'est une faute de l'imprimeur ; lisez de l'inhumanité »
    Terme de typographie. Lire sur le plomb, , sur l'oeil d'un caractère, le contenu d'une page, ou seulement d'une ligne.

 2   Prononcer à haute voix ce qui est écrit ou imprimé. Lire haut, tout haut.
MOL.: « Il m'a fallu ma pièce chez madame la marquise »
MOL.: « Asseyez-vous donc, monsieur Lysidas ; nous lirons votre pièce après souper »
    Absolument. Il lit bien. Il lit mal. Il ne lit pas distinctement.

 3   Prendre connaissance du contenu d'un écrit, d'un livre.
BOSSUET: « Elle [l'Église] voyait tout l'empire conjuré contre elle ; elle lisait à tous les poteaux et à toutes les places publiques les sentences épouvantables que l'on prononçait contre ses enfants »
FLÉCH.: « Il avait lu cent treize fois le Nouveau Testament de Jésus-Christ avec application et avec respect »
RAC.: « Lisez, lisez l'arrêt détestable, cruel... »
M. J. CHÉN.: « Sans cesse il faut armer contre leur souvenir Un inflexible vers que lira l'avenir »
    Absolument. Lire avec application.
CORN.: « Dedans l'oisiveté jamais enseveli, Toujours confère, prie, écris, médite, li »
SÉV.: « Qu'on est heureux d'aimer à ! »
ROLLIN: « On songe plus à beaucoup qu'à utilement »
VOLT.: « On lit très peu ; et, parmi ceux qui veulent quelquefois s'instruire, la plupart lisent très mal »
    Lire que, trouver dans un écrit, dans un livre que...
BOSSUET: « Nous ne lisons point que ses parents [de Jésus] aient jamais eu de domestiques, semblables aux pauvres gens dont les enfants sont les serviteurs »
    Lire des doigts, parcourir rapidement un livre en le feuilletant.
D'ARTIGNY: « Voici ce que M. Basnage le ministre m'a dit à Rotterdam en 1707, que M. Bayle lisait beaucoup des doigts, c'est-à-dire qu'il parcourait beaucoup plus qu'il ne lisait, et qu'il tombait toujours sur l'endroit essentiel et curieux du livre »
    On dit dans le même sens : des yeux.
    Fig. C'est un ouvrage qu'on ne peut , se dit d'un ouvrage ennuyeux, ou mal écrit, ou licencieux.
    Familièrement. Ce livre, cet ouvrage se laisse , on le lit sans fatigue, sans ennui.
SÉV.: « Elle [une histoire] se laisse en perfection »

 4   Lire la musique, connaître, en parcourant des yeux une musique notée, les sons que les notes figurent, et les modifications que ces sons doivent recevoir. Il lit facilement la musique. Il lit à livre ouvert.
    Lire la musique, signifie aussi l'exécuter à livre ouvert. Lire beaucoup de musique, l'exécuter sans étude.

 5   Expliquer. Un régent qui lit Virgile à ses écoliers.
LAMOTHE LEVAYER: « Depuis qu'Albert le Grand et saint Thomas principalement se furent donné la peine d'expliquer autant qu'il leur fut possible tous les mystères de notre religion avec les termes de la philosophie péripatétique, nous voyons qu'elle s'est tellement établie partout, qu'on n'en lit plus d'autres par toutes les universités chrétiennes »
    On dit dans ce sens à un écolier : Quel auteur vous lit-on dans votre classe ?

 6   Comprendre ce qui est écrit ou imprimé dans une langue étrangère. Il ne parle pas l'allemand, mais il le lit couramment.

 7   Lire se dit quelquefois pour suivre une certaine leçon dans un texte qui en a plusieurs.
VOLT.: « Philoponus, là où il déclare qu'il rapporte les propres termes de Phlégon, lit d'une seconde façon, Maxime d'une troisième, et Madela d'une quatrième, en sorte qu'il s'en faut de beaucoup qu'ils rapportent le passage de la même manière »

 8   Fig. Reconnaître, discerner quelque chose par une espèce de travail que l'on compare à la lecture.
CORN.: « Ces tristes vêtements où je lis mon malheur »
LA FONT.: « Il lit au front de ceux qu'un vain luxe environne, Que la fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne »
BOSSUET: « Le pécheur s'éloigne de Dieu, et il n'y a page dans son Écriture en laquelle il ne lui reproche son éloignement ; mais, sans le dans l'Écriture, nous pouvons le dans nos consciences »
RAC.: « Soit que je n'ose encor démentir le pouvoir De ces yeux où j'ai lu si longtemps mon devoir »
RAC.: « Dans le secret des coeurs, Osmin, n'as tu rien lu ? »
RAC.: « Je lis dans vos regards la douleur qui vous presse »
RAC.: « Lire en un songe obscur les volontés des cieux »
RAC.: « On lit dans ses regards sa fureur et sa rage »
RAC.: « Ah ! dans ses yeux confus je lis ses perfidies »
LA BRUY.: « Il n'appartient qu'à elles [aux femmes] de faire dans un mot tout un sentiment »
VOLT.: « Je lis dans l'avenir un sort épouvantable »
    Lire sur.
CORN.: « On lit dessus leur front l'allégresse de l'âme »
BOILEAU: « D'où vient ce noir chagrin qu'on lit sur son visage ? »
RAC.: « Il se déguise en vain, je lis sur son visage Des fiers Domitius l'humeur triste et sauvage »
VOLT.: « Sur ce visage austère, où régnait la tristesse, Henri lut aisément sa honte et sa faiblesse »
    Absolument.
CORN.: « Pensez-vous avoir lu jusqu'au fond de son âme ? »
CORN.: « Elle a lu dans mon coeur, vous savez le surplus »
RAC.: « Ne devais-tu pas au fond de ma pensée ? »
RAC.: « Vous lisez de trop loin dans les secrets des cieux »
RAC.: « ....Vous m'avez vue attachée à vous nuire ; Dans le fond de mon coeur vous ne pouviez pas »
MASS.: « Il a lu dans le coeur de tous les hommes »
BÉRANG.: « Berger, sur cet azur tranquille De on te croit le secret »

 9   Expliquer les motifs des dessins aux ouvriers qui doivent les exécuter dans une fabrique de tissus ouvrés ou imprimés.

 10   Se , v. réfl. Être lu.
VOLT.: « Il est certain que plusieurs des vers attribués à la sibylle dans l'exhortation qui se trouve parmi les oeuvres de saint Justin ne se lisent point dans notre recueil »
D'ALEMB.: « Je n'entretiendrai pas Votre Majesté de toutes les sottises qui se font, et qui se disent, et qui se lisent ou ne se lisent pas, dans le séjour que j'habite »
    Impersonnellement.
CORN.: « Il se lit que..., on lit que.... Il ne se lit point que jamais un tableau tout entier ait été produit de cette sorte »
    Fig.
RÉGNIER: « Sur mes yeux égarés ma tristesse se lit »
GRESSET: « Pour moi, j'aime les gens dont l'âme se peut »

REMARQUE
    1. Il faut dire : lis-je ? et non lisé-je, qui est un grossier barbarisme.
    2. À l'impératif Corneille a dit li, par un archaïsme reçu en poésie.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Sax. XXIII: Veez en ci la chartre, comandez qu'on la lise
     Ronsciv. p. 165: Il prist un livre, si i lit sans faillance
     Couci, XXII: Jamais par moi n'ert leüs vers ne lais
    XIIIème siècle
     Romanc. p. 46: Bele Doette, as fenestres seant, Lit en un livre, mais au cuer [coeur] ne l'entent
RUTEB.: « Quant l'evangile fu liz, Blanchandin, ms. de St-Germain, f° 192, dans LACURNE. Cil sains preudom la lettre lut ; Li s mult li abelut [plut] »
     Chr. de Rains, 133: La lettre fu liute
    XIVème siècle
     Guesclin. 1610: Le sauf conduit a pris, si le fait recorder ; Car ne savoit, n'escripre, ne compter
     Girard de Ross. Prologue: Plus avoir ne pouvons de leur fait [des anciens] que le ; En lisant les veons ; nuls homs n'en puet [peut] plus dire ; Lires est noble chouse....
    XVème siècle
FROISS.: « Depuis on legy tous ses forfaits pour lesquels il recevoit mort »
FROISS.: « Jean Fernando.... apporta lettres au chanoine de Robertsart ; le chanoine les lisit »
    XVIème siècle
MAROT: « Arreste-toi, lisant, Ci-dessous est gisant.... Ce renommé Langeay »
D'AUBIGNÉ: « Si bien qu'il lisoit aux quatre langues [français, latin, grec, hébreu] à six ans »
MONT.: « Lisant dans les yeux »
MONT.: « Pour luy sa grace »
COTGRAVE: « Autant vaut celui qui chasse et rien ne prend, comme celuy qui lit et rien n'entend »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, lére, choisir ; provenç. legir, ligir ; catal. llegir ; espagn. leer ; portug. ler ; ital. leggere ; du lat. legere, proprement recueillir, puis ; le verbe grec se traduit par recueillir et dire. Le participe liz vient de lectus ; le participe leüs ou lu suppose un verbe leir, irrégulièrement formé.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


("Je lis, tu lis, il lit; nous lisons, etc. Je lisais. Je lus, vous lûtes, ils lurent. Je lirai. Lis. Que je lise. Que je lusse. Lisant.") Parcourir des yeux ce qui est écrit ou imprimé, et le parcourir avec la connaissance de la valeur des lettres, soit qu'on profère les mots, soit qu'on ne les profère pas. "Apprendre à . Lire tout bas, tout haut, à haute voix. Lire couramment. Il ne sait ni ni écrire. Il lit bien le grec, l'hébreu. Il s'est gâté la vue à de vieux manuscrits. Lire avec des lunettes. Lire à rebours. Une écriture malaisée à . Lire toute sorte d'écritures."
Il signifie aussi, Prononcer à haute voix ce qui est écrit ou imprimé. "Il lit bien, il lit mal. Il lit distinctement. Il ne sait pas . Il nous a lu un long discours. Je vais vous mes vers. Ce prince avait l'usage de se faire quelque bon livre pendant ses repas."
Il se dit encore en parlant Des lectures qu'on fait pour son instruction ou pour son amusement. "Lire avec application. Lire l'Écriture sainte, l'histoire grecque, l'histoire romaine, l'histoire de France. Il ne suffit pas de , il faut retenir ce qu'on a lu. C'est un homme qui a beaucoup lu." On dit de même, "Lire une lettre, un billet, un avis, etc."
Fig., "C'est un ouvrage qu'on ne peut ," se dit D'un ouvrage ennuyeux, ou mal écrit, ou licencieux.
Fig. et fam., "Ce livre, cet ouvrage se laisse ," On le lit sans fatigue, sans ennui.
"Lire la musique," Parcourir des yeux une musique notée, avec la connaissance des sons que les notes figurent, et des diverses modifications que ces sons doivent recevoir. "Il lit facilement la musique. Il ne sait pas la musique."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit encore en parlant De quelque livre qu'un professeur explique à ses auditeurs, et qu'il prend pour sujet des leçons qu'il leur donne. "Ce professeur nous lisait Homère. Un régent qui lit Virgile à ses écoliers." On dit, en ce sens, à un écolier: "Quel auteur vous lit-on dans votre classe? Quel auteur lisez-vous dans votre classe?"
Il signifie quelquefois, Comprendre ce qui est écrit ou imprimé dans une langue étrangère. "Il ne parle pas l'anglais, mais il le lit avec assez de facilité."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie figurément, Pénétrer quelque chose d'obscur ou de caché. "Lire dans la pensée, dans le coeur, dans les yeux de quelqu'un. Je lis dans vos yeux, dans vos regards, sur votre visage, que vous êtes mécontent. Lire dans les astres, dans l'avenir."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

[1re lon. 2e "e" muet.] Je "lis", nous "lisons"; je "lisais", je "lus", j'"ai lu"; je "lirai", je "lirais"; "lis", que je "lise", je "lusse"; "lisant"; "lu". = "Lire", parcourir des yeux ce qui est écrit. '"Lire" tout bas, "lire" à haute voix. 'Ne savoir ni "lire", ni écrire, etc. = "Figurément", pénétrer, conaître, deviner, augurer. '"Lire dans" la pensée, "dans" les yeux, "dans" l'avenir. 'Soit qu'elle cherchât à " dans" leurs yeux "ce" qu'ils vouloient qu'elle fît. "Marm." 'On "lit sur" son front la certitude d'un succès, etc. "Jér. Déliv." = Il se dit souvent "neutralement" et sans régime. 'Les persones les plus maigres sont ordinairement celles qui mangent le plus. Les cervelles les plus vides sont souvent celles qui "lisent" davantage. "Marin". = On dit, d'un livre qu'on lit sans ennui, qu' il "se laisse ". Voyez LAISSER. On dit aussi qu'"il se fait ". 'Ces vers (de M. de Vixouze sur Rome d'aujourd' hui) "se" font , même après ceux de M. de Voltaire. "Ann. Litt."
- "Se laisser " et "se faire ", étaient des expressions favorites de l'Abé "des Fontaines".




Emplacement dans le dictionnaire :

liqueur
liquidateur
liquidation
liquidé
liquide
liquider
liquidité
liquoreux
liquoriste

lirelle
liri
liron
lis
lis
lise
liser
liserage
lisérage
liseré
liséré




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...dans l'eau de leur ruisseau, où elles sautaient et s'ébattaient comme deux poissons-volants. 1ère PARTIE, IX Il ne faudrait pas croire cependant que Rarahu fût sans érudition ; elle savait lire dans sa bible tahitienne, et écrire, avec une grosse écriture très ferme, les mots doux de la langue maorie ; elle était même très forte sur l'orthographe conventionnelle fixée par les frères...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...à lui écrire ; ce devait être le seul moyen entre nous deux ; avec nos caractères, les explications ne nous réussissaient jamais. -je me dépêchais, j'écrivais en très grosses lettres, pour qu'il pût lire encore : la nuit venait vite, et, dans l'arsenal, la lumière est chose défendue. Et puis je dis au sergent d'armes : -allez chercher Kermadec, et amenez-le parler à l'officier de quart , ici, dans...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...-ça, c'est moitié requin ; ça n'a pas peur. Il avait repris son habitude d'autrefois d'arriver le soir, à petits pas de chat, dans ma chambre, aux heures où je la lui abandonnais. Il s'installait à lire mes livres ou mes papiers, sachant bien qu'il avait permission de tout regarder ; il apprenait à comprendre les cartes marines, s'amusait à y marquer des points et à y mesurer des distances. Très...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...parmi toutes ces feuilles d'automne, une perle bleue qui était restée à cette place depuis le temps où il venait s'amuser là, avec sa soeur... oh ! Alors je me levai, demandant qu'on cessât de lire, sentant les sanglots qui me venaient... j'avais vu, absolument vu, ce jardin solitaire, ce vieux berceau dépouillé, et, à moitié cachée sous ces feuilles rousses, cette perle bleue, souvenir d'une...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...mélancolie. Je crois que le palmier me fut rappelé pour la première fois par une gravure des jeunes naturalistes, de madame Ulliac-Trémadeure, un de mes livres d'étrennes dont je me faisais lire des passages le soir. (les palmiers de serre n'étaient pas encore venus dans notre petite ville, en ce temps-là.) le dessinateur avait représenté deux de ces arbres inconnus au bord d'une plage sur...


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